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2022 : l’année de la résurrection

Lorsque 2021 s’est présentée comme l’année du renouveau économique après le grand krach lié au Covid l’année précédente, tout le monde était unanime : les marchés émergents et la Chine seraient les valeurs-clés en termes de croissance économique et de rendement boursier. Le 31/12/21, cependant, le tableau était complètement différent. Les stars de la piste de danse étaient les Etats-Unis et l’Europe, tandis que l’Asie et les marchés émergents en général n’ont pas vraiment répondu aux attentes élevées (voir tableaux) :

Il y a plusieurs explications à cela :

1.         En Occident – et principalement aux Etats-Unis – les grands bazookas politiques ont été ressortis. Cela s’est traduit par un cocktail de mesures monétaires et budgétaires (assouplissement extrême des taux d’intérêt, assouplissement quantitatif, injections budgétaires pour les consommateurs et les investissements publics).

2.         Les conséquences du Covid – par exemple les fréquents goulets d’étranglement logistiques et les nouvelles vagues de Covid – ont particulièrement touché les marchés émergents. La différence de vitesse et d’intensité de la vaccination a également joué en défaveur des marchés émergents.

3.         Les tensions géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis sont officiellement passées au second plan, mais dans la pratique, elles sont toujours explicitement présentes.

4.         Les problèmes entourant les promoteurs immobiliers chinois au second semestre 2021 ont provoqué une onde de choc dans les Bourses de Shanghai et de Hong Kong, leurs marchés ayant même fini dans le rouge en 2021. De même, l’anticipation d’un resserrement de la politique monétaire aux Etats-Unis (tapering, réduction du bilan de la BC) a entraîné des tensions sur plusieurs devises des marchés émergents, similaires à l’épisode de 2013.  

2022 – Nouvelle année, nouveau tableau ?

L’année en cours sera quelque peu différente de 2021 en termes de croissance économique globale et de rendements boursiers attendus, ce qui est normal après le résultat de 2021 dans ces deux domaines. En termes de croissance économique, la plupart des grandes institutions ont légèrement revu leurs prévisions, mais le rebond de la croissance reste intact, ce qui permet à la reprise cyclique de se poursuivre à un rythme plus réaliste. Bien entendu, cette année plus que jamais, l’inflation et la politique monétaire joueront un rôle prépondérant dans l’issue favorable de ce scénario de base.  

L’optimisme concernant les marchés émergents et la Chine commence à revenir. La grande différence avec le 01/01/21 est que, cette fois, le contexte justifie un plus grand optimisme d’un point de vue économique fondamental :

Politique macroéconomique et potentiel en la matière

Le planning officiel à moyen terme a contraint le régulateur chinois à cesser de poursuivre une prévision de croissance annuelle de 8 à 10%. Après ces dernières années, ce n’est plus réaliste. Un objectif de 5-6% reste plus que sain et plus élevé que ce à quoi nous pouvons nous attendre à moyen terme en Occident.

Mais ce n’est pas tout. Le tableau récapitulatif ci-dessous montre que la Chine dispose d’atouts supplémentaires, tant en matière de politique monétaire que de politique budgétaire. Alors que la grande majorité des banques centrales sont en mode restrictif (ou se préparent à l’être), la Chine fait figure d’exception. Un certain assouplissement monétaire a déjà eu lieu dans ce pays et il semble que d’autres mesures soient prévues. Autre élément important : des munitions sont disponibles (contrairement au monde occidental). La Chine est également dans une position confortable sur le plan fiscal. A l’Ouest, les niveaux de dette publique ont explosé après les interventions et les stabilisateurs gouvernementaux de 2020 et 2021. D’autre part, ici aussi, la Chine dispose de suffisamment de munitions pour annoncer activement des mesures expansionnistes afin de soutenir l’économie. Si l’on considère l’Europe, par exemple, et la norme de Maastricht (3%/60%), de nombreux pays sont dans une situation catastrophique en termes de dépassement (100%). Une analyse similaire s’applique aux Etats-Unis.

Enfin, la quasi-totalité des banques centrales des marchés émergents hors Chine ont mené une politique monétaire stricte l’année dernière et ont probablement déjà atteint un pic. Nous pouvons le constater récemment par la résurgence des flux de capitaux internationaux sur leurs marchés obligataires respectifs, ce qui est très différent de ce que nous avons observé en 2021.  

La Chine et la valorisation boursière, 2022 versus 2021

Du point de vue de la valorisation fondamentale, la Chine est également plus à l’aise aujourd’hui par rapport au début de 2021. Les graphiques suivants montrent d’ailleurs que, de ce seul point de vue, l’excès d’optimisme de début 2021 reposait sur des bases fragiles d’un point de vue historique. Aujourd’hui, nous revoyons déjà une situation plus normale.

La Chine et la prime de risque actions                                        La Chine et ratio cours/bénéfices actions

Epilogue – Yin et Jang 

Toute décision d’investissement doit prendre en compte les opportunités et les risques. Malgré les nombreuses possibilités que nous venons d’évoquer, il est toujours sage de replacer une histoire à l’eau de rose dans son contexte. La Chine et les Etats-Unis ont tous deux aussi des défis à relever en 2022 :

1.         Comme mentionné, une pause dans la guerre commerciale a été provoquée par l’arrivée de l’administration Biden. Toutefois, cela ne signifie pas que le conflit a été résolu. Un examen récent des engagements de la phase I montre que la Chine n’a pas respecté ses engagements (et ce n’est pas une surprise). Il y a encore quelques oignons à peler entre les deux protagonistes en matière de Big Tech, de vie privée et de réglementation.

2.         En revanche, les faits actuels montrent que ‘gagner une guerre commerciale est facile’ s’est transformé en ‘perdre une guerre commerciale est un jeu d’enfant’. En outre, le bilan de Joe Biden en politique internationale est assez maigre aujourd’hui et les sondages sont tout sauf favorables à l’approche des élections américaines de mi-mandat. Donc, peut-être qu’en termes de dégel, nous entendrons des choses plus positives dans un avenir proche. 

Remerciements particuliers à Christofer Govaerts, Chief Economist Nagelmackers, 20/02/22

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