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Trump ou Biden, les infrastructures gagnantes dans les deux cas

Quelle que soit l’issue des élections américaines de 2020, des infrastructures vieillissantes et des énergies renouvelables bon marché devraient encourager l’investissement à long terme dans cette classe d’actifs

Les hommes politiques le savent bien, investir dans les services publics est une mesure très populaire, en particulier au cours d’une année électorale dit Alex Araujo, gérant actions chez M&G Investments. Et une politique budgétaire est particulièrement importante cette année étant donnée la précarité de l’économie mondiale depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Le besoin urgent de réparer, de moderniser et de développer les infrastructures américaines est l’un des rares points d’accord entre républicains et démocrates, et le fait que Donald Trump n’ait pas été en mesure de mettre en œuvre un plan d’infrastructure considéré comme indispensable pendant son mandat a été une source de mécontentement pour les deux camps.

Le déficit d’infrastructures

Selon l’American Society of Civil Engineers, seuls 2,5% du PIB des États-Unis ont été consacrés aux infrastructures en 2019, contre 4,2 % dans les années 1930, estimant alors que ce déficit d’investissement entre 2016 et 2025 atteindra 2 000 milliards de dollars.

Les dépenses publiques consacrées aux infrastructures de transport et d’eau sont en constante diminution depuis plusieurs décennies et ont atteint en 2017 leur niveau le plus bas depuis 55 ans en pourcentage du PIB.

Le secteur des infrastructures est l’un des principaux employeurs aux Etats-Unis, représentant 17,2 millions de personnes, soit environ 12% de la main-d’œuvre américaine, à savoir davantage que le commerce de détail, l’éducation ou l’industrie manufacturière.

Le maintien et la création d’emplois seront déterminants pour la reprise économique et les infrastructures ont, à ce titre, un rôle central à jouer

Un parti plus vert que l’autre

Les deux partis s’opposent cependant sur le changement climatique. Si le président Trump s’est engagé à sortir les États-Unis de l’accord de Paris en 2017, Joe Biden a fait campagne en faveur d’un programme écologique.

Le plan des Démocrates « pour la construction d’une infrastructure moderne et durable et d’un avenir énergétique propre et équitable » s’accompagne de deux objectifs spécifiques : la neutralité carbone d’ici 2050 et 2 000 milliards de dollars d’investissement dans les infrastructures pendant sa présidence.

Que Biden soit élu ou pas, les entreprises privées et les services aux collectivités régionales investissent déjà dans des projets verts. Le potentiel de déploiement des énergies renouvelables aux États-Unis est énorme comparé à d’autres régions du monde. Avec une production d’énergie renouvelable qui ne représente que la moitié de celle de l’Europe et qui est largement éclipsée par celle de la Chine, les États-Unis ont du retard à rattraper.

Des perspectives de croissance sur plusieurs décennies

Ceci étant, les avantages d’infrastructures ne sont pas tributaires de la réalisation de ces programmes.

Les énergies renouvelables, les transports propres, la connectivité numérique, la gestion de l’eau et des déchets, les évolutions sociales et démographiques sont autant de tendances structurelles durables.

Que les infrastructures numériques figurent ou non dans les plans de relance budgétaire, la prolifération des données dans notre monde de plus en plus numérique ne fera qu’accroître les besoins en tours de communication et en centres de données.

Nous pensons résolument que les infrastructures cotées bénéficient de thèmes structurels forts à même de stimuler la croissance sur les prochaines décennies, et ce quelle que soit l’issue des élections. De notre point de vue, cela offre des opportunités à long terme aux entreprises d’infrastructure et à leurs investisseurs.

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